


Un collectif protéiforme ?
Potentiellement sonore ?
Une useuse de Bic ?
Un collège irrationnel ?
Une suceuse de micro ?
Un groupe de rock sans rock ?
Une animal à quatre mains au moins…



Le film sonore · 69 minutes
Au départ j’étais seule face au texte. J’avais envie de traiter le poème en musique en vue d’une installation sonore. J’ai proposé à Laurent Pettigand de faire un groupe de rock avec moi et d’agir spontanément. On s’est enfermé en résidence à Naxos Bobine pour inventer et monter un film sonore. Le titre s’est imposé de lui-même. À l’époque, lorsque nous avons composé la bande, c’est ce que nous avons obtenu : 69 minutes. On a gardé ce format qui faisait sens. Ensuite nous avons fabriqué des images pour des clips graphiques qui ressemblaient à des tableaux en activité.
Alors j’ai voulu faire un geste performé pour concourir au festival de Cannes qui rendrait hommage à Marilyn Monroe. J’ai filmé avec une petite caméra des draps, des ombres, des lumières, la lune, la nuit, le jour à travers des persiennes, etc. Nous avons monté cette vidéo à Sycomore Film avec Luu Anh Laporte. Elle n’a pas été retenue à Cannes mais elle m’a servi de décor pour les performances où j’invitais des artistes à rejoindre ce drôle de groupe rock : des acteurs, vidéastes, photographes, performeurs, plasticiens. Des soirées dans des sous-sols, dans des théâtres, des halls, des cafés, des librairies lors de dédicaces du livre, la rue, des festivals, des scènes alternatives, une piscine, la campagne, des concerts en plein air, à l’étranger, dans des festivals, même un cimetière…

Marie-Madeleine
TEXTE · ENREGISTREMENT · PERFORMANCE · INSTALLATION
C’est une exposition
C’est un paysage en parallèle
C’est une succession de sons
C’est un livre de l’autre côté du temps
Une révélation chuchotée pour traverser l’image des mots
Un mythe au féminin en transparence
Une voix issue des éléments
Un volcan en sourdine
Un récit intérieur enfouit sous des musiques
Un souvenir ancien
Une gomme qui découvre en effaçant les écritures au masculin
C’est une exposition
Un paysage de pages volatiles tracées à l’encre blanche
évolutif Roman
C’est un livre pour homme
C’est une voix de femme
Une voix qui parle au milieu de la guerre de l’homme et de la femme
Et qui se concentre à entendre les chuchotements de l’amour
C’est un livre d’amour
La voix dira Je ou ne dira pas Je. La voix dira tout ce qu’elle voudra dire Se désire comme un baume
Elle ne s’excuse pas d’avance de n’être qu’une voix de la sincérité́ au féminin
Mon histoire d’amour n’est pas une histoire qui vient des livres Et ce sont les livres qui viennent de mon histoire d’amour Mon histoire d’amour
Est une histoire de temps qui ne se conte pas
Je ne peux rien pour cette histoire
Que la sentir passer aux endroits cachés
Dans des au-delàs̀ ignorés par les mots
Touchent à l’âme Explosés De passage L’atmosphère L’air Éprouvés par chair Visités par cris
Et la voix qui souffle parfois cette histoire-là Taisons-là
Qu’elle traverse
Coute que coute
S’offrir à ça
Au passage de l’Amour
Aldo Romano : batterie
Jac Berrocal : trompette / fémur
Jean-Christophe Mahé : réalisation
Bagheera Poulin : Texte/ voix