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Ophélie · Festival Perform · 2025

Un plongeon nommé Fanon

Une création FemmeSavantes →

Chaque été, Sarah Trouche, performeuse et artiste visuelle — nommée Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres en 2019 — fait découvrir, avec le festival Perform, son univers artistique aux habitants de Fort Médoc, lieu de son enfance.

La performance est considérée par l’artiste comme un espace de rencontre, un partage d’émotion autour d’un moment unique. Cette dimension performative apparaît dans une programmation d’envergure nationale et internationale qui couvre à la fois les champs de l’art contemporain, des arts numériques et des arts vivants.

FemmesSavantes au Fort Médoc pendant le Festival Perform© Laurence Lévèque

Cinéma vivant

Un plongeon
nommé Fanon

Conception, réalisation, voix : Bagheera Poulin
Musique : Pierre Ballarin
Costumes et assistanat : Clémence Sabot
Production : FemmeSavantes&Inspireachplace

Distribution

Sabrina Bohi, Néo Cré, Enzo Denaules, Flora Sagassan, Alana Kerihuel, Maylis Marent, Juliette Martin, Lucie Mateo, Yohan Mutin, Alexandre Nicar, Jaïa Rose, Mady SDC,  Valex

Scène d’Un plongeon nommé Fanon dans les pierres du Fort Médoc
Ensemble des interprètes d’Un plongeon nommé FanonInterprètes disposés dans le paysage du Fort MédocPortrait d’une interprète pendant la performanceDéambulation des interprètes dans le Fort MédocDeux interprètes costumés devant une porte du Fort Médoc

Photographies du Festival Perform © Laurence Lévèque

Création sonore pendant le Festival Perform

Festival Perform · Fort Médoc

Proposition

Lorsque Sarah Trouche m’a invité à participer au festival Perform, elle avait envie que je reparte de l’univers de l’événement que j’ai monté avec le collectif FemmeSavantes pour le MusBA à la rentrée 2024 (voir P.6).

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En visitant le site de Fort Médoc, j’ai été séduite par toutes les possibilités qui s’offraient. Les fantômes de notre histoire y croisent nos pas ; la nature, très présente, semble nous dire : « viens jouer avec moi, sert-toi c’est gratuit ».

Là, le désir d’écrire une nouvelle performance et de la voir advenir est monté. J’ai eu envie d’une forme vivante qui implique l’instantané, l’histoire, la nature, l’actualité. J’ai songé « urgence et renouvellement ».

Je crois que les idées clignotent dans l’air. Je revenais de Paris où j’ai écouté et visité les mineurs isolés qui squattaient la Gaîté Lyrique, avec l’idée de travailler à partir de l’émotion que la situation a soulevé en moi.

Fort Médoc face à l’estuaire de la Gironde

Face à l’Estuaire de la Gironde, dans cette place forte créée pour des militaires au temps du roi Soleil, période à laquelle la configuration du théâtre est devenue frontale, j’ai senti comme un point de rendez-vous avec mon travail d’expérimentation qui œuvre à décloisonner l’espace.

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J’ai vue des mots se balader comme un puzzle dans ce lieu si poétique : Homme / Guerre — Théâtre / Frontal — Femme / Théâtre — Frontal / Guerre Femme frontal guerre théâtre homme.

Fort Médoc est un terrain de jeu immense pour eux, les nouveaux futurs artistes et ce festival.

C’est pourquoi je propose cette création aux acteurs qui seraient prêts à rejoindre FemmeSavantes pour jouer le jeu de l’immersion, de la performance, du partage des questionnements, des émotions de notre époque « formidable » où nous sommes tous incarnés ensemble.

Création pour le Festival Perform

Note d’intention

Visions & ingrédients pour une déambulation totale — 7 stations

Je me suis souvenue d’une conférence sur Vauban à laquelle j’avais assisté lors du tricentenaire en 2007. C’était à l’occasion d’un spectacle sur le thème. Un général y exposait sa vision géopolitique pour 2025. Il disait que les guerres et les armées avaient changé de nature et les hommes de paradigme.

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J’ai pensé à la guerre aujourd’hui.

Il parlait de l’Afrique et prévenait que dans deux décennies, des gens traverseraient au risque de leur vie ; la vie, qui n’aurait pas la même valeur partout sur le globe.

J’ai pensé aux migrants qui traversent les mers aujourd’hui, ceux qui viennent, chaque jour, qui désirent parler.

J’ai vu la vie vivante comme une réalité démographique des organismes évoluant ensemble, dont nous, les habitants humains qui avons colonisé la planète de façon exponentielle…

J’ai pensé à la bataille du vivant parce qu’elle nous entraîne fatalement comme un ensemble : le lion et le plancton, la souris et l’homme, le moustique et le thon, l’éléphant et le chat, la pierre et l’eau, le sable et le ciel, l’algue et la craie…

J’ai imaginé un théâtre des vestiges échoués au fond des mers, comme des crimes enfouis au cœur de notre inconscient collectif. De nouveau j’ai ressenti l’urgence de transmettre ce qu’on pourrait presque nommer une méthode, de réunir des énergies prêtes à jouer, danser, se questionner, être traversées…

Le gel des budgets de la culture me donne envie de créer d’autant plus pour résister ; j’ai senti le besoin de monter un commando d’artistes dans ce moment de notre histoire sur cette phrase :

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut,
et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Cette phrase est issue de la table d’émeraude, c’est de la littérature hermétique. Elle est pourtant simple et peut se lire à plusieurs échelles, quel que soit l’étage émotionnel où l’on positionne la loupe pour la méditer : sociale, spirituelle, poétique ou politique, elle est universelle. Elle servira de base à cette création totale qui sera le fruit d’une recherche de liberté et d’émancipation des conditions du théâtre.

L’espace scénique est un site classé patrimoine de l’Unesco, qui nous met en relation avec l’architecture et l’histoire. Ma recherche posera la question des corps et de l’espace-temps ; d’une danse intérieure pour tisser des liens avec la nature, comme « expérience étendue ».

J’imagine une mythologie contemporaine en observant les métamorphoses de notre civilisation. Je scrute les fantômes de nos actes passés, nos conquêtes, nos mutations géographiques et génétiques, comme la fabrique d’un « refroidissement climatique » de notre humanité qui pourrait se perdre sans conscience.

Cette mythologie inventée serait un fil rouge pour tisser des liens entre la parole et l’image, dans une divagation théâtrale et prolonger des visions flottantes entre le ciel et les abysses humaines, le génie militaire et le théâtre des hommes, en public, une fois seulement.

Vision sous-marine de la création